Atelier Processwork : la danse des relations

Généralement, les personnes très en colère ne sont pas autorisées à s’exprimer parce que leur véhémence ou leur ton n’est pas adéquat pour l’idéologie dominante. Le Processwork donne la parole à toutes les voix minoritaires, c’est en cela qu’il s’agit bien de Démocratie Profonde. Pour en savoir plus, voir les articles de la catégorie Processwork et le site https://processwork.info.

Et donc, puisqu’on n’apprend pas cela à l’école (ou plutôt on le désapprend parce que les enfants de l’école maternelle savent très bien exprimer des désaccords), cet atelier de Processwork, animé par deux enseignants de l’Ecole espagnole, proposait d’explorer les relations interpersonnelles et l’expression des accusations.

En fait, l’enseignement a porté sur la façon de recevoir une accusation, et il est devenu très clair que « donner et recevoir des accusations » était un excellent moyen d’entrer en relation, de créer une relation, de la fortifier, de la nourir…

Il y a 4 façons de recevoir une accusation :

1- La rejeter : on est très ferme, on rejette tout en bloc, on campe sur sa position et son point de vue. Non, je ne suis pas d’accord. Cela consiste à maintenir l’énergie, force contre force, sans que personne n’ait un niveau trop haut ou trop bas. La polarité entre les deux positions peut émerger, et il est intéressant de remarquer qu’une relation a été créée dans le respect de l’opposant. Reconnaître un désaccord crée une détente. Il est recommandé d’aller lentement, sans précautions oratoires qui feraient monter la pression chez l’autre. Il s’agit de prendre position.

2- Reculer (d’un pas) : cela consiste à reconnaître que l’autre possède un certain pourcentage de la vérité (au moins 1%). On peut reculer physiquement ou intérieurement, demander à l’autre d’attendre que l’on ait le temps de formuler une réponse. Attends un peu. Dans la réponse, il s’agit d’être spécifique sur la partie de l’accusation pour laquelle on est prêt à reculer. Cette posture crée une atmosphère d’intérêt mutuel, ce qui induit une détente chez l’adversaire (l’interlocuteur).

3- Aider l’autre à m’accuser : il s’agit d’absorber la critique et de la rediriger. L’absorber en exprimant l’impact : Ca fait mal ! ET aussi exprimer son besoin et ses sentiments. Reformuler et être bien conscient de l’effet des retours que l’on reçoit. Il y a non seulement de la critique dans l’air mais aussi de l’intérêt, de la curiosité. Cette posture est très aidante pour nettoyer/clarifier les relations.

4- Rendre les armes : il s’agit de mourir avec dignité, congruence et conscience, de façon authentique. Reconnaître ses erreurs et s’excuser de façon très spécifique J’ai fait ceci qui n’était pas correct. On voit l’impact de son comportement. C’est une posture personnelle qui ne demande rien à l’autre. Elle prend en compte les limites de l’autre, comme par exemple ne pas supporter un ton blessant. Il est d’autant plus important de savoir rendre les armes qu’on a un rang élevé. Le rang représente le pouvoir et les privilèges et évolue selon le contexte, c’est une notion très imporante en Processwork.

NB : à ne pas dire Calme toi et on verra, car le rythme des uns et des autres n’est pas forcément le même, ce qui est une grosse source de conflit, certains veulent aller plus vite et d’autres plus lentement. Et comme je l’ai dit plus haut, le Processwork permet aux personnes même en colère de s’exprimer.


Arnold Mindell (1940-2024), le fondateur du Processwork (Arny), avait une grande créativité et une grande jeunesse d’esprit. Dans 130 Histoires, son épouse raconte « Arny est bien connu pour son espièglerie enjouée et pour pousser spontanément un grand « Woof ! » lorsqu’il est excité. » – Il disait aussi que le tableau initial renferme déjà la conclusion. C’est dans cet esprit que j’ai remarqué en arrivant, la présence d’un chien qui était inclus dans le cercle des participants. Je me demandais quelle pouvait être la signification de ce chien. Au cours des trois jours, nous avons travaillé sur des conflits très difficiles. Dans la dernière partie, le chien dormait tranquillement à l’exérieur lorsque nous sommes arrivés à une résolution partielle et l’animatrice a proposé de conclure. A ce moment précis, le chien a aboyé « Woof ! ». Arny était là avec nous et il validait le travail accompli, un travail de réonciliation pour nous, qui a un effet pour le monde, nous en sommes persuadés.

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